Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 12:23

 

Association TVA juste

une fiscalité équitable

 

 

La TVA représente environ la moitié des ressources de l’État, contre environ 20% pour l'impôt sur le revenu.

Or, la TVA est l'impôt le plus injuste qui soit puisque le moins favorisé paye le même impôt que le plus favorisé lorsqu'il achète du pain par exemple.

 

Nous souhaitons une TVA plus juste, notamment en taxant les produits de première nécessité à un taux zéro ou proche de zéro (pour les aliments de base par exemple, ou d'autres produits ou services nécessaires à la vie comme l'énergie...).

 

Nous solliciterons les élus afin de modifier par la loi les taux de TVA pour qu'ils soient plus justes et efficaces, en tenant compte de différents critères : sociaux, économiques, écologiques, et de santé.

 

Le respect de ces critères serait de nature à entrainer une baisse des recettes de l'État, celle-ci pourrait alors être compensée par différents moyens :

 

a) par des aménagements de taux de TVA et une modification de l'impôt sur le revenu :

 

- le rétablissement d'un taux majoré (TVA sur les produits de luxe), à 35% au moins. Ce taux initialement de 33,33%, a été progressivement abaissé de 1988 à 1995 date à laquelle la majoration a été supprimé et les produits de luxe taxés au taux normal (soit 19,6% à ce jour).

 

Une liste étendue de ces produits de luxe devrait comprendre des marchandises dont le prix dépasse le prix moyen pour ce type de produit ou fabriquées hors de l’ U.E (tout ce qui est appareils électroniques par exemple).

 

- Une taxation majorée également pour les marchandises entrainant une dégradation écologique

 

- Une baisse du taux normal de TVA de 19,6% à18%, redonnant un peu de pouvoir d'achat aux classes populaires et aux classes moyennes (en plus des baisses sur certains produits alimentaires et services de base)

 

- une majoration de l'impôt sur les sociétés concernant les grandes entreprises, pour la part des bénéfices distribuée aux actionnaires

 

- une progressivité plus importante de l'impôt sur le revenu épargnant les classes populaires et moyennes et d'avantage de tranches et des taux plus élevés d'impôt pour les revenus très supérieurs.

 

- Une imposition supplémentaire pour les non résidents fiscaux, pour aligner leur imposition sur celle commune à tous les Français

 

- un contrôle renforcé de la fraude fiscale, estimée de 50 à 100 milliards d'euros chaque année

 

- une augmentation de la taxation des revenus mobiliers et immobiliers dépassant un plafond ne lésant pas les petits propriétaires immobiliers ou les petits porteurs de valeurs mobilières

 

- une taxation des mouvements de capitaux ne correspondant pas à l'activité normale des entreprises

 

- la création d'une taxe dissuasive sur les opérations purement spéculatives

 

- la mise en place d'une réelle lutte contre les paradis fiscaux

 

- la création d'un service spécial « multinationales », Françaises ou étrangères, repérant et sanctionnant celles qui ne respectent pas la législation Française en terme de fiscalité (et pourquoi pas aussi en terme de droit du travail). Il s'agirait d'éviter qu'elles contournent le paiement de l'impôt sur les bénéfices (chacun a en mémoire le récent zéro impôt de Total à l'État Français).

 

b) par des économies sur des coûts peu ou pas réellement utiles

 

- la suppression immédiate du bouclier fiscal

 

- faire l'économie des intermédiaires inutiles coûtant très cher à la France, en travaillant à la possibilité pour notre pays d'emprunter directement auprès de la banque centrale européenne, évitant ainsi les intérêts importants pris au passage, sans réelle utilité, par les banques privées qui reprêtent ensuite à l'État.

 

A noter d'ailleurs que l'endettement total de la France est à peu près égal au montant des intérêts payés aux banques privées par notre pays depuis qu'il est obligé de passer par elles pour emprunter

 

-une révision des niches fiscales dont l'efficacité économique n'est pas prouvée. Cinq niches ne sont pas plafonnées et peuvent permettre de s'exonérer totalement du paiement de l'impôt :

- Investissements productifs et locatifs dans les DOM-TOM

- Dispositif Malraux sur les immeubles classés

- Entretien des monuments historiques

- Loueurs professionnels de meublés.

 

Voilà quelques unes des préconisations de notre association. Si vous trouvez que nos valeurs sont justes, vous pouvez nous soutenir en fixant librement le montant de votre cotisation annuelle, avec toutefois un minimum de cinq euros par an.

 

Votre chèque est à libeller à l'ordre de « association pour une TVA juste », (pour confirmation de votre adhésion), et sera à adresser à notre siège.

 

Pour nous contacter :

- par internet : association.tva.juste@orange.fr

- notre blog :http//association.tva.juste.over-blog.com/

 

 

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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 11:35

Le taux du livret A

 

Ils viennent encore de démontrer qu’ils prennent toujours aux moins aisés pour donner aux plus riches : le taux du livret A est fixé à 2,25%, alors que l’inflation (d’après leurs chiffres truqués) est à 2,5%, et que les règles qu’ils ont eux-mêmes fixées pour le calcul de ce taux aurait dû normalement le porter à 2,75%.

Mais, que voulez-vous, il y a des avantages fiscaux indécents, qui heurtent la morale UMP, auxquels il convient de remédier en priorité et de toute urgence, pour soldes avant liquidation.

 

Lisée

 

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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 12:10

 

Article de Pierre-Marie Tricaud, publié le 27/1/2012 sur Agoravox



Le seul impôt équitable

Un remarquable article publié récemment dans Agoravox démontre les différences d'équité entre les types d'impôt et développe l'inéquité de la TVA. On peut développer corrélativement l'équité de l'impôt sur le revenu.

L’équité de l’impôt est un enjeu politique majeur. Même les approches utilitaristes, qui privilégient son efficacité, n’écartent pas totalement cette question. En matière d’équité, la référence la plus partagée reste la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui dispose en son article 13 que « la contribution commune doit être également répartie entre les citoyens en raison de leurs facultés. » A cette aune, comme l’a rappelé Augustin Bonrepaux dans Le Monde (3 mars 2000), il n’existe qu’un impôt équitable, un seul : l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP), à taux progressif [1]. Progressif, parce que c’est la seule façon que chacun contribue également selon ses moyens, selon ses “facultés” ; les impôts proportionnels [2] prennent au riche de son superflu et au pauvre de son nécessaire ; et le rôle de l’impôt progressif n’est pas tant de réduire les inégalités que de demander à chacun une contribution égale. Sur le revenu, car c’est la seule richesse : le capital ne l’est que par le revenu monétaire, la jouissance ou la sécurité (revenus en nature) qu’il procure ; il procure ainsi toujours un revenu, d’une façon ou d’une autre, et c’est ce revenu qui doit être taxé, non le capital lui-même. Sur les personnes physiques, pour trois raisons : efficacité (l’effet anti-économique des impôts sur les entreprises, maintes fois dénoncé, serait moindre si les mêmes sommes étaient prélevées une fois le bénéfice entré dans le revenu des personnes physiques qui y ont investi), équité (l’impôt sur les bénéfices des sociétés est payé au même taux par le petit et le gros actionnaire), citoyenneté (« Chaque franc déboursé conduit légitimement le citoyen à s’interroger sur l’utilisation de son argent par la collectivité et laisse donc place à la délibération politique pour choisir les dépenses prioritaires », dit fort justement A. Bonrepaux ; les impôts indolores sont déresponsabilisants).

De ces constats préiminaires découlent les considérations suivantes :

1. L’impôt est dû par chaque citoyen individuellement, même si celui des personnes à charge est payé par ceux qui les ont à charge. Il faudrait donc calculer le revenu de chacun par application d’un quotient familial (QF) calculé selon les “unités de consommation” (UC). Les UC permettent à l’Insee et aux chercheurs de définir le revenu individuel, en partant du constat qu’il n’est pas égal à celui du ménage divisé par le nombre de personnes, puisque certains biens (comme le logement) peuvent être partagés sans diminution de jouissance (perte de revenu) individuelle. Une personne seule représente 1 UC, un deuxième adulte 0,5 UC supplémentaire (quel que soit son statut, marié, pacsé ou cohabitant : à partir du moment où il y partage des revenus, le revenu individuel devrait être calculé ainsi) ; chaque personne à charge au-dessus de 14 ans représente 0,4 UC supplémentaire, 0,3 au-dessous de 14 ans. Le revenu individuel est calculé en divisant celui du ménage par le nombre d’UC. Cette méthode, qui représente un bon compromis entre l’approximation et la complexité, fait l’objet d’un relatif consensus chez les économistes. Le QF tel qu’il est calculé actuellement s’en inspire, mais avec des chiffres plus élevés (0,5 part par personne supplémentaire) et il est plafonné. Le QF devrait donc être calculé comme ce revenu individuel (qui serait plus élevé qu’actuellement), et non plafonné. Le QF plafonné introduit une inéquité entre ménages de même revenu et de nombre d’enfants différent. Pour taxer plus fortement les familles riches que les familles pauvres, c’est sur la progressivité du taux, et elle seule, qu’il faudrait jouer.

2. Puisque la seule richesse est le revenu, le capital ne devrait être taxé que sur les revenus qu’il produit, mais avec un taux plancher pour taxer le capital dormant (et inciter à l’investir) ou celui dont on jouit directement (revenu en nature). Ce taux ne devrait pas être arbitraire, mais calculé selon le marché (p. ex. taxation des logements vacants ou occupés par leur propriétaire en intégrant dans le revenu le loyer moyen du marché dans le secteur). Certains pensent que les revenus du capital devraient être plus taxés que ceux du travail ; mais ce serait déjà un progrès qu’ils le soient autant, et le calcul de l’impôt sera beaucoup plus simple si tous les revenus sont taxés au même taux. Une question à régler reste celle du capital (p. ex. un logement) dont jouit directement un ménage ayant des revenus monétaires faibles, qui lui rendent difficile le paiement de l’impôt.

3. Logiquement, les droits de succession devraient aussi être remplacés par l’IRPP étendu, en considérant que l’héritage fait entrer en possession d’un capital, lequel produit un revenu qui doit être taxé selon l’ensemble des revenus du ménage, et non selon les seuls revenus générés par ce capital. Ainsi, un même héritage ne serait pas taxé au même taux s’il échoit à un foyer aisé ou modeste.

4. Les plus-values devraient être intégrées dès le premier centime dans le revenu taxé progressivement (c’est le cas aux USA), au lieu d’être taxées à un taux unique avec seuil.

5. Presque tous les autres impôts devraient être supprimés, injustes et introduisant une complexité sans commune mesure avec leur efficacité (cf. l’article de Jean Matouk dans Le Monde du 7 mars 2000) : la vignette, les timbres fiscaux, les “quatre vieilles”, l’ISF… On devra toujours, cependant, pour des raisons d’efficacité, maintenir certains impôts d’assiette très large et faciles à percevoir, principalement la TVA et l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IS), mais seulement comme acompte de l’IRPP. C’est déjà le cas de l’IS, avec l’avoir fiscal. On peut s’étonner que ce ne soit pas le cas d’autres impôts indirects, notamment la TVA, et que les capitalistes soient mieux traités que les consommateurs.

6. Chacun doit payer l’impôt, pour que chacun se sente concerné par les dépenses de l’État : le taux de la première tranche ne doit donc pas être nul. Pour simplifier le recouvrement, on pourrait fixer le taux de TVA et celui de la première tranche d’IRPP à la même valeur (en remplaçant les trois taux – normal, réduit et majoré –, sources d’injustices et de revendications incessantes, par un taux unique). On considérerait alors que les contribuables qui se situent dans la première tranche ont déjà payé tout leur impôt par “l’acompte TVA”, et n’ont plus rien à régler. Mais l’avis d’imposition indiquerait clairement que l’on doit payer et que l’on a déjà payé, et non pas qu’on est non imposable.

7. Tous les revenus devraient être imposables, ceux du travail et ceux du capital bien sûr, mais aussi ceux de transferts sociaux (RMI, allocations familiales, de chômage et autres), toujours pour que chacun se sente concerné par l’utilisation de l’impôt. Dans la pratique, la prise en compte de la TVA comme acompte permettrait aux bas revenus de ne pas payer plus qu’aujourd’hui.

8. Le postulat de base implique la progressivité, mais on ne peut en déduire le taux des différentes tranches [3]. Pour la tranche supérieure, le taux de 50 % du revenu avant impôt est sûrement un seuil psychologique, puisque c’est un maximum pour les uns, un minimum pour les autres. Rappelons seulement qu’à ce taux, il faut un revenu infini pour avoir un impôt total de 50 % du revenu, et que le taux marginal supérieur a dépassé 70, voire 90 %, dans plusieurs démocraties industrialisées durant les “Trente Glorieuses”, sans remettre en cause la croissance (d’après Thomas Piketty, Les Hauts revenus en France au xxe siècle, Grasset, 2001). Pour la tranche inférieure, un autre taux sur lequel on pourrait obtenir un consensus serait 10 %, facile à calculer et intermédiaire entre les taux normal et réduit actuel.

9. Quant à la TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers), qui réunit contre elle d’être un impôt à la fois injuste, comme les autres impôts indirects, et impopulaire, comme les impôts directs, on ne devrait pas pour autant la supprimer, car il n’est pas acceptable que les contribuables non ou peu motorisés payent la construction et l’entretien du réseau routier, la gendarmerie, le coût des accidents, etc. La seule solution serait de sortir la TIPP de l’impôt et les dépenses pour la route du budget de l’Etat. Injuste si elle est un impôt, la TIPP ne le serait plus si elle devenait redevance. Cela peut sembler irréaliste, car la route est depuis toujours une fonction quasi régalienne de l’Etat, mais c’est ce qui existe pour les chemins de fer. Viendrait-il à l’idée qu’ils soient en régie de l’État et le billet de train un impôt ? La situation actuelle fausse d’ailleurs la concurrence entre le rail et la route, puisque seul le premier apparaît comme déficitaire. Il faudrait donc créer un Etablissement Public national sur le modèle de RFF (qui pourrait s’appeler “Routes de France”), ainsi que des Etablissements Publics départementaux pour gérer les réseaux correspondants. La TIPP deviendrait alors une redevance parafiscale, qui pourrait s’appeler “redevance routière sur les carburants” (RRC). La RRC serait répartie entre ces établissements (et les sociétés concessionnaires d’autoroutes) en proportion du trafic sur chaque réseau. Ces établissements assureraient les investissements et l’entretien en récupérant le personnel des DDE, et rémunéreraient l’État pour les services qu’il assure sur le réseau routier (gendarmerie, etc.), à moins que l’État ne décide de les subventionner, comme il peut le faire pour le rail, ce qui serait alors une décision politique prise dans la transparence. Une redevance basée sur le carburant (et modulée selon la nocivité de celui-ci) aurait l’avantage d’être facile à percevoir et d’être à peu près proportionnelle au kilométrage parcouru, donc à l’utilisation du réseau. Elle pourrait se révéler supérieure à l’actuelle TIPP, avec la sévérité croissante des normes environnementales. Mais les automobilistes n’auraient plus l’impression d’être les vaches à lait de l’État, pas plus que le rail de souffrir d’une concurrence faussée. Le principal déséquilibre qu’elle présente reste entre voitures et poids lourds. Toutes choses égales par ailleurs, son taux devrait donc être diminué pour les premières et fortement augmenté pour les seconds. On en est loin, même si l’augmentation relative progressive du prix du gazole va dans le bon sens.

10. Les cotisations sociales devraient naturellement être traitées de la même façon que la TVA et l’IS : acomptes d’un IRPP, prélevés à la source de façon progressive et non plus proportionnelle, ce qui diminuerait le coût du travail peu qualifié et favoriserait l’emploi. Il n’y aurait donc plus de distinction entre parts salariale et patronale ; et le revenu à prendre en compte pour l’IRPP serait le brut (avant déduction des charges sociales), le taux des différentes tranches étant naturellement recalculé pour en tenir compte. Même si on n’a pas le courage politique, comme le Danemark il y a 20 ans de porter le coup de grâce à un paritarisme moribond et de considérer que la solidarité est l’affaire de l’État, on peut percevoir en même temps impôt et cotisations, puis les répartir entre État, collectivités locales et organismes sociaux.

11. Il faudrait supprimer – sans aucune exception – tous les abattements, réductions d’impôt, incitations et autres niches fiscales, stratifiés sans cohérence au gré de politiques diverses. Ces réductions sont injustes puisqu’elles ne profitent qu’à ceux qui payent plus d’impôt que leur montant. L’impôt ne devrait pas être l’outil de politiques familiales, énergétiques ou sectorielles, ni d’aucune autre politique que « l’égale répartition de la contribution commune entre les citoyens en raison de leurs facultés ». Si l’État veut inciter, qu’il paye une subvention fixe (comme les collectivités locales), laquelle se trouvera supérieure ou inférieure à l’impôt selon les ménages (sans qu’il faille parler d’impôt négatif dans ce dernier cas, car il faudra toujours faire apparaître clairement le montant d’un impôt dû et, dans une autre colonne, celui de la subvention).

12. Cette réforme faite, on pourra enfin abandonner définitivement le mot d’impôt, qui sent trop l’ancien régime, pour le remplacer par celui de contribution, comme l’avaient voulu les rédacteurs de la Déclaration des droits de l’homme. Le propre de l’impôt est d’être imposé, celui de la contribution est de contribuer.

Toutes ces simplifications permettraient de diminuer fortement le nombre de fonctionnaires du ministère des finances, qui pourraient utilement être réaffectés dans des administrations où on manque d’effectifs, comme l’éducation ou la police. L’échec de nombreuses réformes en ce sens (comme celle de Sautter, en 2000), la mise en place de réformes qui vont en sens contraire (bouclier fiscal…), les propositions des candidats à la présidentielle 2012 qui non seulement vont dans le mauvais sens mais bricolent des arrangements qui complexifient le système (TVA sociale d’un côté, suppression du quotient familial de l’autre…) montrent que ce sera difficile. Tout cela est un objectif idéal, quasi utopique, qui se heurterait à d’innombrables conservatismes, inerties, corporatismes, privilèges acquis et intérêts particuliers. Mais il faudrait au moins commencer à l’avoir pour objectif, et à s’y diriger.

 


[1] On devrait abréger en IRPPP, le dernier P étant pour progressif, mais le sigle IRPP étant plus courant, c’est celui que j’emploie par la suite, la progressivité étant sous-entendue dans celui pour lequel je plaide.

[2] Hélas très en vogue depuis la vague libérale des années 1980 (flat tax) – ne parlons même pas de la capitation, impôt identique par tête auquel certains voudraient revenir

[3] Le taux peut être calculé sur le revenu avant ou après impôt, ce qui revient au même, car à chaque taux T sur le revenu R avant impôt I correspond un et un seul autre taux t sur le revenu r après impôt :
I = RT = rt et r = R (1–T), d’où : RT/t = r = R (1–T), d’où : T/t = (1–T), d’où t = T/(1–T).



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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 11:03

 

 

Article de Denis Clerc du 31/1/2012, publié sur Alternatives économiques

 

 

La TVA « sociale » : un pari risqué

 

A partir d'octobre - sauf si une nouvelle majorité venait à succéder à l'actuelle -, le taux normal de TVA devrait passer de 19,6 à 21,2 %, soit un supplément de recettes fiscales de 11 milliards d'euros en année pleine. En échange, la partie « famille » des cotisations sociales patronales sera allégée de 13,6 milliards d'euros, sans doute dès le 1er avril. Le complément devrait être fourni par un accroissement de 2 points de la CSG sur les revenus du patrimoine (qui passerait ainsi de 13,5 à 15,5 %, soit le double de celle pesant sur les salaires). Un basculement qui devrait avoir trois conséquences.

Tout d'abord, un creusement du déficit public d'environ 5,5 milliards d'euros, puisque les recettes de TVA seront décalées de six mois par rapport à la réduction des coûts salariaux.

Ensuite, une hausse des prix de vente, laquelle se décompose en deux parties. La première est mécanique, puisqu'il s'agit de la répercussion de la hausse de TVA sur les produits importés. Ainsi, le prix du gazole devrait augmenter de 2,2 centimes par litre. Comme les produits importés représentent environ (directement ou indirectement) 20 % de la consommation des ménages, celle-ci devrait connaître une hausse des prix de 3 milliards.

En revanche, sur les produits « nationaux », tout dépendra du comportement des entreprises : bénéficiant d'un allègement de « charges » de 13,6 milliards, elles peuvent décider de réduire d'autant leurs prix de vente. Mais elles peuvent aussi conserver tout ou partie de ce « cadeau », comme l'exemple - pas si ancien - de la restauration l'a illustré. Pour le chef de l'Etat, tout sera ristourné : c'est la crise, et les entreprises vont tout faire pour empêcher leurs ventes de diminuer. L'affirmation est optimiste : si l'exemple allemand (hausse de 3 points de TVA en 2007) va dans ce sens, le cas britannique (hausse de 2,5 points de TVA en 2011) va dans le sens inverse, puisque les prix ont augmenté d'autant. Il est vrai que, dans le cas britannique, la hausse de TVA n'a pas été accompagnée d'une baisse des coûts salariaux. On peut penser que la hausse de TVA va être intégralement répercutée sur les prix dans les entreprises ne bénéficiant pas, ou peu, de ces allègements de coût salarial (la baisse des cotisations est limitée aux salaires inférieurs à 2,6 fois le Smic et était déjà totalement ou partiellement acquise pour les salaires compris entre 1 et 1,6 fois le Smic).

Ponction sur le pouvoir d'achat

Au total, les prix des biens et services destinés aux ménages devraient progresser de 5 à 7 milliards d'euros. Ce qui, en période de stagnation des revenus, se traduira par une baisse de la consommation d'un montant similaire, donc par un effet réduction d'activité. Sur le plan social, la hausse de TVA induira donc une ponction supplémentaire sur le pouvoir d'achat des ménages, notamment sur celui des ménages les plus modestes, car ils dépensent 100 % (ou parfois davantage) de leurs revenus.

Enfin, puisque la TVA n'est pas recouvrée sur les produits exportés et frappe les produits importés (on l'a vu), le prix des exportations va sans doute diminuer : comme la concurrence à l'exportation est rude, on peut penser que, contrairement à ce qui se passera sur le marché intérieur, les entreprises vont répercuter sur leurs prix à l'exportation l'essentiel de la baisse des coûts salariaux dont elles bénéficient. Quant aux importations, au contraire, elles verront leurs prix augmenter mécaniquement de 1,6 % (ou peut-être un peu moins si les producteurs ou les importateurs décident de réduire leurs marges). Des prix à l'exportation moins élevés, des prix à l'importation plus élevés : cela devrait se traduire par des ventes accrues pour les entreprises exportatrices et pour celles concurrencées sur le marché national par des firmes étrangères. Il y aura donc, d'une façon certaine, un effet compétitivité. Tout le problème est de déterminer si cet effet sera supérieur ou inférieur à l'effet réduction d'activité indiqué plus haut. Sur ce point, l'incertitude est totale.

Le pari du chef de l'Etat est que, au total, l'effet positif sur la compétitivité l'emportera sur l'effet dépressif de la hausse inévitable des prix. Il en est persuadé. Prendre ses désirs pour la réalité n'est pas un indice de bonne gouvernance. Les électeurs risquent fort d'y être sensibles.


Denis Clerc
Article Web - 31 janvier 2012

 

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